Championnat d'Europe par équipes 2016

L'équipe française a eu à souffrir de la chaleur .....

Le premier championnat d'Europe IBCA se déroule à Varsovie (Pologne) du 22 juillet au 2 août 2016.
L'AEPA y a délégué une équipe composée d'Olivier DEVILLE, Bernard SOJKA, Bernard SIRET et Michel BAUE.
Douze nations sont représentées par 13 équipes, le pays hôte ayant droit à une équipe supplémentaire. Il est dommage qu'il n'ait pas été prévu de lui accorder une seconde réserve pour assurer le cas échéant unz parité. De ce fait, lors de chaque ronde, une équipe se trouve exempte et les premiers à en profiter furent les turcs. Cette exemption n'est nullement un avantage puisqu'elle est considérée comme une nullité (1 point de match et deux points de partie). Vu le nombre réduit d'équipes (13) et le nombre de ronde élevé en l'espèce (9), seules 4 équipes ne seront pas exemptées. Ainsi, les formations les plus huppées auront un avantage supplémentaire en nombre de points à l'issue du tournoi.
Dossard numéro 11 au départ, notre objectif sera modest : terminer dans les 10 premiers si possible.
Hélas, l'appariement de la ronde 1, génère un derby occidental puisque nous rencontrons l'Espagne, équipe très solide dont les joueurs ont deux catégories de plus que chacun des joueurs Français.
La cadence de jeu est de 40 coups pour 2h suivi d'un KO d'une heure. Chaque partie durera donc 6 heures au maximum. La compétition est homologuée FIDE et devrait compter pour la liste de septembre.

Ronde 1 :
Tous les favoris l'emportent largement (4-0) sauf les Espagnols ! Nous nous sommes battus comme des lions. Hélas, Olivier perd une finale de tours avec pourtant un pion de plus. Palacios avait son roi au centre qui protégeait ses pions liés.
Au second échiquier, Bernard Sojka perd au temps après un âpre combat d'une partie truffée de pièges et de sacrifices.
La surprise du jour vient de notre petit nouveau , Bernard SIRET, qui réussit à obtenir une nulle par répétition de position, ce qui sauve l'honneur de notre formation.
Quant à Michel, la vigueur de son adversaire et l'attaque des blancs ont raison de sa sicilienne.
Le système de Berlin étant l'un des départages de la compétition, nous nos inclinons donc par 3,5 à 0,5 et 9-1 au système de Berlin.
Nous occupons la 8° place provisoire et nous nous attendons à un adversaire abordable.
A 20 h le verdict tombe : nous serons exempts puisque les appariements sont réalisés uniquement sur les points de match et non comme aux Olympiades. Nous étions l'une des trois équipes à avoir eu les blancs au premier échiquier, et par conséquent, les principes du règlement C04.3.1 nous forcent à être exemptés, bein que nous ne soyions pas les plus mal classés. Il fallait bien que cela arrive et nous ferons donc un peu de tourisme.

Les résultats du championnat sont consultables en direct sur le site www.chess-results.com

Ronde 3 :
Nous devons affronter la Bulgarie qui nous surclasse à priori sur les 3 premiers échiquiers alors que notre numéro 4 rencontrera quelqu'un moins bien classé mais qui vient de faire un bond dans la liste des classés FIDE.
Les hostilités commencent à 14h00 et nous savons que les Anglais ont pris un 0-4 contre nos adversaires du jour. Ils sont d'ailleurs exempts. Après deux heures de jeu, tout semble équilibré. Toutefois Michel manque une petite combinaison qui lui permettait de conquérir une pièce mineure contre un pion. Bernard So. réalise un échange de Dames très favorable dans une partie du Pion dame et il se retrouve avec un Pion de mieux alors que le jeu se concentre à l'aile Dame.
Après 3 heures 30 de jeu, les choses vont moins bien : Bernard Siret a été contraint de rendre les armes après une série d'échanges et Olivier subit les affres d'un sacrifice venu d'ailleurs. Quant à Michel, il doit se contenter d'une nulle : le match est perdu mais la 4° partie tient ses promesses. À l'entame de la sixième heure de jeu, alors que la salle s'est vidée et que Russes et Ukrainiens n'ont pas réussi à se départager sur les 3 premiers échiquiers, - mais le 4° a tourné à l'avantage des Russes- , Bernard loupe le gain immédiat et la fatigue se faisant ressentir et que les partenaires regardent haletants, la nullité s'envole à son tour du fait d'une imprécision. Encore une dizaine de coups et une défaite nouvelle mais de haute lutte conclut cette triste journée. Finalement, la Bulgarie l'emporte par 3,5 à 0,5 (9,5-0,5 au système de Berlin). Demain, ce sera le Royaume-Uni.

Ronde 4 :
La rencontre contre les représentants des îles britanniques a été quelque peu curieuse : L'un ds joueurs anglais a été accidenté la veille : il a laissé traîner ses doigts dans l'encoignure d'une porte de taxi qui a été fermement close. Hospitalisé à 40 km de Varsovie, il a maintenant besoin d'un assistant puisqu'il ne sait plus noter ses coups.
Au premier échiquier, Olivier Deville accepte une proposition de nullité de la part de Stéphen Hilton suite à une répétition de coups. Michel Baué vient à bout de son adversaire ce qui nous donne maintenant un avantage. C'est alors que tombe le résultat de la partie entre Bernard Siret contre son adversaire accidenté:il fut sans pitié.. Reste alors la longue finale entre Bernard Sojka et son adversaire qui semble s'acheminer vers la nullité . Hélas, une imprécision coûte un Pion puis l'effondrement de la position. Nous avons tout de même gagné 2,5-1,5. (5-5 au Berlin)
La sensation du jour est la victoire des Polonais face aux Russes. Demain, ils joueront l'Ukraine. Quant à nos représentants, ils prendront la Turquie.

Ronde 5 :
Venus à 3, les Turcs ne présentent aucun joueur au premier échiquier (??), celui-ci ayant été « retenu » par les autorités de son pays.
La partie s'engage sous de bons auspices. Bernard Sojka rencontre un adversaire qui veut une revanche d'une précédente rencontre . On jouera un gambit roi. Cette partie au couteau, particulièrement explosive s'achève par l'égalisation turque. Le meilleur turc affronte Bernard Siret qui finit par s'incliner alors que Michel Baué a une partie gagnante. Un incident vient émailler cette partie et l'arbitre tranche en notre défaveur. Côté français, à part Michel, personne n'a rien vu. Il est donc difficile de contester. Grugé et dépité, Michel se retrouve contraint à la nullité, ce qui témoigne de son bon parcours. Finalement, la Turquie l'emporte 2,5-1,5 (5,5-4,5 au Berlin).
Les polonais se débarssent de l'Ukraine et les Espagnols font ensation face aux Russes. Il semble que tout est joué.

Ronde 6
Cette fois, nous rencontrons les Pays-Bas. Une bande de joyeux driles dont un joueur est turc. Celui-ci affronte Michel Baué avec les Noirs dans une espagnole. Michel oriente le jeu de l'adversaire vers l'aile dame et une petite combinaison lui permet de prendre un léger avantahe . Après un échange de tours malheureux, nous marquons notre premier point. Il ne fallut pas attendre beaucoup de temps à Bernard Siret pour s'imposer dans une sicilienne : l'aide adverse étant un atout supplémentaire, Bernard conclut de belle manièreen montrant tout ce que les fous sot capables de réaliser quand ils sont bien manoeuvrés. Il reste deux parties qui sont quelque peu indécises. Olivier Deville parvient quand même a se créer un avantage d'un Pion et accepte la proposition de nulle émise par son adversaire. Nous sommes alors certains de la victoire. Quant aux second Bernard, il essaie de forcer le gain dans une position nulle. Comme cela tourne souvent au vinaigre, l'attaque est repoussée et une fourchette malheureuse met fin à la partie marathon qui se déroule dans une salla maintenant vide. France : 2,5 Pays Bas : 1,5. (5-5)
Demain, nous jouerons contre la Croatie.

Ronde 7 :
Avec les Blancs au premier échiquier, Olivier rencontre un adversaire qui compte un avantage théorique de 150 points. Bernard Sojka joue un gambit de la Volga face à un solide adversaire qui, sûr de l'emporter, se livre à des manœuvres intrépides autant que douteuses. Bernard trouve 3 jolies combinaisons qui pourraient clore la promenade du roi adverse la long de la colonne « h ». Pressé de promouvoir un Pion passé, après avoir évité un premier piège, le croate se laisse mater à son plus grand ébahissement.
Au troisième échiquier, Bernard Siret torture son adversaire en utilisant le Gambit Blackmar-Diemer. Olivier Deville se voit offrir la nullité par Hinko Cajzler et nous menons 1,5 à 0,5.
La partie de Michel se promettait fructueuse mais un défaut d'évaluation d'une finale Fou +Tour et pions conjuguée avec une colonne non contrôlée faisait pencher la balance du côté croate.
Entre-temps, une imprécision coûtait le point du 3° échiquier alors que Michel était contraint à l'abandon. Finalement, la Croatie nous coiffe au poteau : 1,5-2,5 (5-5 au Berlin),
Demain, ce sera une autre paire de manches : L'Ukraine se prépare à nous écharper.

Ronde 8 :
Les yeux du pays sont tous tournés vers Cracovie, d'où le Pape rentre chez lui.
Nos adversaires, qui ont reçu un souvenir de notre part, nous promettent une bonne bière à l'issue de la rencontre. Nous accusons un désavantage record pour cette rencontre où on note même un écart de 700 points à un échiquier.
Olivier Deville n'a que 418 points de moins que son adversaire, Serguey Grigorchuk . Pourtant, alors qu'il a les Blancs, l'Ukrainien doit se contenter d'une nullité. Plus étonnant encore, le second élo du tournoi, le MI Oleg Tuka, commet une bourde avec un fou, ce qui permet à Bernard Sojka d'échanger la Dame contre une tour et un Fou. S'ensuit alors un échange de pions qui libère une diagonale permettant un échec perpétuel qui clôt la partie.
Vexés, il n'est plus question de bière !
Restent en suspend les deux derniers échiquiers où les écarts sont de 309 et 150 points. Shepelev met en œuvre son rouleau compresseur et Bernard aura sa bière !
Quant à Michel, face à une défense française, il est soumis à une pression à l'approche du contrôle de temps. A cinq minutes du gong, une imprécision vient ruiner ses espoirs.

Ronde 9 :
La dernière ronde nous oppose à la Lithuanie, nos voisins de table lors des repas.
Alors qu'à peine 18 coups ont été joués, olivier me demande que penser d'une proposition de nullité. Accepter nous assure la 11° place alors qu'un refus pourait nous voir rétrogradés. Pourtant il a un avantage. Je le prie d'accepter d'autant qu'ailleurs les parties ne sont guère engageantes et que les Pays-Bas risquent de l'emporter face à la Turquie.Le score est déjà provisoirement nul (1-1) pour cette autre rencontre.
Dans une position longtemps égale mais néanmoins complexe, et bien qu'étudiée la veille, Michel pouvait espérer la nulle. Hélas, son adversaire lui sort en milieu de partie un plan stratégique qui lui permet d'installer un Pion en f4, soutenant un cavalier en e3. Les pions blancs étant dès lors voués au trépas, il était judicieux de mettre fin au supplice, les deux Bernard ayant dû abandonner.

Finalement, nous terminons à la 11° place, conformément à notre rang initial.