Open de Cannes 2011 : l'exceptionnelle performance d'Adrien Hervais

Je me souviendrai longtemps de ma 4e participation au Festival des Jeux de février à Cannes. Lors de mes trois premières virées hivernales sur la Côte d'Azur, j'avais fait l'open A. Cette année, la répartition des tranches Élo n'étant plus la même, j'ai joué le B, ouvert aux joueurs classés entre 1600 et 2200, où je retrouvai mon camarade de l'AÉPA Éric Meyer.

Partant 19e Élo sur 155, mon objectif n'était pas de me mêler à la lutte pour la victoire, mais de stopper l'hémorragie de points Élo, due notamment à mon mauvais tournoi du Cap d'Agde à l'automne dernier, et si possible d'en récupérer quelques-uns.

Après trois points marqués contre des adversaires moins bien classés que moi, je rencontrai à la 4e ronde un 2113. Cette nouvelle victoire, puis celle à la ronde 5, me permirent de prendre seul la tête du tournoi avec 5 sur 5. J'enchaînai avec une nulle, et là, fort de cette première place inattendue, je commençai sérieusement à envisager la victoire finale... l'appétit vient en mangeant. Mais le plus dur restait à faire.

Après une nouvelle nulle à la ronde 7 contre un minime (Noé Ringuet, 2022), je partageai encore les points lors de la ronde 8 qui constitua sans doute le tournant de mon open. En effet, j'arrachai la nulle contre un adversaire mieux classé que moi (un Italien à 2133), mais surtout, je revenais de loin, car mon adversaire rata plusieurs fois le gain dans cette partie, et une défaite m'aurait expulsé des premières places.

Nous étions alors 6 à 6,5 sur 8, quand fut lancé le sprint final. J'étais 3e au départage, le leader s'appelant désormais Noé Ringuet (mon adversaire de la ronde 7). À la dernière ronde, je tombai contre le 1er Élo du tournoi (un Suédois classé 2139).

Après ma victoire, je n'avais plus qu'à attendre le verdict du départage... Nous terminons finalement 3 joueurs à 7,5, et je peux là remercier mes adversaires, plus performants à l'ultime ronde que ceux de Noé Ringuet, impactant ainsi le départage, et me permettant de lui souffler la première place.

Ce coup de pouce du départage en ma faveur est sans doute le brin de chance qui est aussi nécessaire pour remporter un tournoi.

De son côté, Éric doit --je pense-- être content de son tournoi, auteur d'une performance supérieure à son Élo (1726 contre 1680), il termine à 3,5 points.

Seule ombre au tableau : le soleil azuréen qui a brillé par son absence. Nul doute --selon les Cannois-- qu'il sera de retour l'an prochain. Alors, rendez-vous en 2012, pour Éric, pour moi, et peut-être pour d'autres membres de l'AÉPA...

par Adrien Hervais