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Béthune 2011
Par Éric Meyer
Une fois encore,
l'Association Échéphile Béthunoise
avait invité 5
membres de l'AÉPA à participer à l'Open international de Béthune, le
32e du nom. Étant donné la période, plus propice aux retrouvailles
familiales et autres excès alimentaires, nous n'étions que 4 à répondre
à l'appel : Fabrice Bath, Yves Le Brun, Laurent Peignien et moi-même
(accompagné de ma patiente épouse). En fonction de notre fameux classement Élo,
nous concourions, selon les cas, dans l'Open B (Élo compris entre 1600 et
2000) ou C (Élo inférieur à 1700).
Du point de vue matériel, l'organisation du tournoi avait de nouveau
bien fait les choses, nous offrant l'hébergement à l'hôtel Campanile non
loin de la salle de jeu (grâce à l'aide de subventions du Conseil
général du Pas-de-Calais), nous octroyant un taxi pour nous rendre à
notre convenance de l'hôtel à la salle et inversement, ainsi que pour
les trajets aller et retour vers la gare, et prévoyant enfin la
possibilité de nous assister au cas où la communication serait difficile
avec un adversaire non francophone.
Mais assez discuté, il fallait rapidement en découdre, nous étions là
pour ça. Nous attaquâmes donc le lundi 26 décembre à 13H30,
et nous fûmes bien étonnés de nous retrouver un instant plus tard au bout de la
9e ronde, le vendredi 30.
Ce même jour à 16H30, c'était déjà la remise des prix,
avec un air de fin d'aventure et de séparation que, pour ma part,
je redoute toujours un peu. Laurent et moi représentions l'Association,
afin de remercier l'organisation des efforts consentis, mais aussi de pouvoir
bavarder avec d'autres participants voyants curieux de la façon dont nous
procédons pour jouer ; sans compter que, sauf contrainte, il est à mon
sens logique de participer à la remise des prix d'un tournoi auquel on
vient de participer.
Pour ce qui concerne les résultats : Yves a terminé 44e sur 81
dans l'open C avec une coupe et un prix, Laurent 55e
et Fabrice 57e,
toujours dans ce même open. Pour ma part, j'ai terminé 31e sur 76
dans l'open B avec une coupe et le 3e prix de la meilleure
performance dans la catégorie Élo 1600-1699.
Quelles leçons retenir ?
Tout d'abord, d'un strict point de vue échiquéen, participer à un
tournoi est source de progrès, puisque nous disposons à son terme de nos
parties disputées en conditions réelles, avec nos points forts et nos
lacunes, ce qui constitue une base de travail irremplaçable. Comme dit
Jasper Hall dans son livre « Comment s'entraîner aux échecs » : « Quelle
chance d'avoir commis toutes ces erreurs, il y a dans nos propres
parties tout ce qu'il faut pour travailler ». Encore faut-il reprendre
et analyser toutes ses parties, les commenter (en texte plus qu'en
variantes, même s'il est difficile d'exprimer quelque chose lorsqu'on
commence à prendre cette habitude), et les conserver, ce qui demande,
j'en conviens bien volontiers, du temps.
2e leçon : la participation à un tournoi, avec la convivialité
qu'elle implique, allie le côté technique au côté humain.
Ces deux points sont bien connus des participants au Championnat de
France des Déficients visuels. Mais il y a une 3e leçon,
d'ailleurs en relation avec le point précédent : la participation de joueurs
non-voyants nous enrichit tout autant qu'elle enrichit les autres,
nous donnant la possibilité de nous rendre visible, c'est pourquoi l'invitation
qui nous est faite doit être honorée.
Voilà autant de raisons pour que plus d'adhérents de l'AÉPA se bousculent
pour participer à l'Open de Béthune. De plus, outre la prise en charge de
l'hébergement, laquelle est conséquente, l'appartenance à un groupe tout
autant que les facilités qui nous sont faites devrait achever de
convaincre les indécis qui éprouvent des difficultés à s'orienter dans
des lieux jusque-là inconnus.
Alors, venez nous rejoindre et prendre notre relève, car les plus
habitués d'entre nous peuvent et doivent céder la place pour qu'un
maximum puisse en profiter.
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